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En terre sainte, ils ont été plus de 60% à voter pour Fillon, 31% pour Macron et un peu moins de 4% pour Le Pen. Le premier tour de la présidentielle laissent les électeurs d’Israël sur un fort sentiment d’incertitude.

Dans les rues de Jérusalem, le silence. En cette soirée du 23 avril, les messages et les alertes info ont retentit avec les premiers résultats. Les sondages sortis des urnes varient, mais pas les résultats : Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont au second tour. On peut tout de même entendre « Quel que soit celui qui l’emportera dans quinze jours, la Ve République ne résistera plus longtemps », « D’une manière ou d’une autre, on arrivera au même résultat et c’est la France qui va y perdre ». Soudain, Marine Le Pen apparaît à l’écran ; tous retiennent leur souffle. Personne n’ose parler, ce doit être le souvenir des six millions de Juifs exterminés par les nazis.

En Israël aussi, la campagne de la présidentielle a passionné, divisé, déçu. La présence de Marine Le Pen au second tour était déjà considérée comme inévitable. Les Franco-Israéliens s’étaient mobilisés pour ce scrutin, au moins en paroles. La journée du vote a vu les traditionnelles files d’attente sous le soleil printanier de Tel Aviv. A Jérusalem, où le Consulat de France a ouvert pour la première fois quatre bureaux différents, les électeurs ont pu voter rapidement, leur laissant paradoxalement moins de temps pour hésiter jusqu’au moment de glisser le bulletin dans l’urne.

Un couple de personnes âgées explique être venu voter comme à chaque échéance, mais avec le sentiment que l’histoire les rattrape une nouvelle fois. « Nos enfants sont ici, mais nous craignons pour nos retraites. Et trop de candidats extrémistes, ça n’est jamais bon pour les Juifs ». Un étudiant, dont les parents sont encore en France, s’inquiète à la fois de la montée du terrorisme, de l’antisémitisme et d’une possible sortie de l’Europe. « J’ai un copain à la fac qui m’a dit qu’il espérait la victoire de Le Pen car ça fera monter plus de Juifs en Israël. Moi je crois que personne ne gagnera à une France radicalisée à droite », explique le jeune homme qui ajoute qu’il va voter pour Macron, « je n’attends rien de lui ni des autres sur la position de la France à l’égard d’Israël. Je veux seulement que la France ait une chance d’avenir ».

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